En moto dans le nord du Vietnam

Après quelques jours à Hanoi (on vous en parlera plus tard), nous reprenons un bus de nuit vers le nord du Vietnam, direction Ha Giang. Nous partons vers 20h30 et faisons la connaissance de 3 français dans le bus. Vers 3h30 du matin, nous sommes réveillés par un homme nous proposant une chambre dans son auberge, nous refusons poliment les yeux embrumés. Nous avons lu que nous pouvions dormir dans le bus jusqu’à 6h30-7h une fois arrivé donc on décide de se rendormir. Vers 6h30, nous sommes effectivement à l’arrêt et de retour devant cette fameuse auberge et il pleut des cordes ! Nous ne sommes plus que 5, tous français et on décide de prendre un petit déjeuner dans cette auberge en espérant que la pluie se calme pour rejoindre notre but.

Pourquoi sommes-nous venus nous perdre dans cette minuscule ville ?

Nous avons entendu parler d’une boucle en moto de 4-5 jours qui est, paraît-il, fantastique, on veut voir ça de nos propres yeux ! Pour cela, nous avons repéré un loueur de moto qui a l’habitude du circuit. Sous la pluie, nos sacs sur le dos, on parcourt les quelques mètres nous séparant du loueur. On laisse nos gros sacs dans une auberge et on ne prend que le strict nécessaire.

Une moto, vraiment ? 

Bon, on va mettre les choses au clair dès le début. Ça aurait été super méga classe de faire ça avec une grosse moto cross mais on a loué un scooter semi-automatique Yamaha Sirius 110cc sur les conseils de notre loueur et en fonction de notre portefeuille ! J On avait grave la classe quand même à deux sur notre petite monture !!

Jour 1 – Ha Giang à Yen Minh – Pluie, froid & découverte

10h : il pleut toujours des cordes. Nous sommes accompagnés de Marion & Guillaume que nous avons rencontré dans le bus et qui veulent faire la même boucle que nous. Nos portables annoncent le beau temps pour 11h donc on patiente.

11h : la pluie ne cesse pas. On décide de partir en espérant que le temps va être plus clément. Nous ne sommes pas du tout équipés pour la pluie et le froid, nous sommes partis pour 7 mois au soleil nous !!

La fin de matinée est difficile, on est trempés et il fait vraiment froid. Mais les paysages sont déjà très sympas. On aperçoit quelques rizières et de jolies collines arrondies. Nous essayons de nous réchauffés avec une assiette de riz, sans succès. On décide d’investir dans le truc le plus moche de la planète mais qui sauvera notre fin de journée : un superbe poncho en plastique violet (très à la mode ce violet).

La pluie se calme dans l’après-midi. Malgré le froid et la pluie, les paysages sont vraiment magnifiques, le parcours est vraiment prometteur, on espère que le soleil va pointer le bout de son nez rapidement ! On croise aussi de nombreux paysans, essentiellement des femmes, travaillant dans ces montagnes : cultures dans des pentes abruptes, élevage. Ils se déplacement majoritairement à pied avec des charges très lourdes sur le dos, nous en croiserons durant les 5 jours.

 

Il faut savoir que les routes ne sont pas toujours en bon état et on se retrouve parfois à se taper les fesses sur des chemins cabossés. D’ailleurs, nous tombons sur 2 asiatiques (des chinois ou des coréens, nous ne sommes pas experts sur le sujet) qui n’ont pas su piloter leur bécane, ils sont tous les deux à terre, les genoux en sang. L’homme, le conducteur, tremble, il est choqué et a froid. Nous ne sommes plus qu’à 5km de notre point de chute, on décide donc d’arrêter la première voiture venue pour qu’elle descende l’homme, incapable de reprendre son scooter. Marion s’occupera de descendre le scooter, pas très rassurée sur cette route cabossée. Tout est bien qui finit bien pour eux, on nettoie leur plaie et les abandonnons. Nous les recroiserons le lendemain tout sourire.

Pour nous, il est temps de trouver un hébergement pour la nuit. Le loueur de moto nous a indiqué une adresse et on se dirige directement là-bas. Il n’y a plus de place dans l’auberge mais ils nous proposent un dortoir juste à côté. Nous arrivons dans une grande pièce où des dizaines de matelas sont posés à terre ! Il y a de bonnes couettes, cela suffit à nous convaincre !! Nous dormirons comme des bébés après quelques bières et un bon repas, accompagnés d’une bonne dizaine de personnes.

Jour 2 – Yen Minh à Meo Vac – Froid & Chine

Le lendemain, il ne pleut plus. Après de bonnes crêpes au petit déjeuner, on remonte sur notre monture direction la frontière chinoise. Après quelques kilomètres, on se rend compte qu’il fait vraiment très très froid. Mais encore une fois, la vue splendide tout au long de la route nous réchauffe le cœur.

 

La route est très cabossée sur cette partie. Nous arrivons dans un village où nous assistons à un vrai spectacle : des mini bus sont bloqués dans des ornières d’un mètre et essaie de passer ! Les 4×4 se succèdent pour essayer de les sortir de là, c’est un vrai bazar ! Ils finissent par y arriver mais c’est sans compter sur les 3 ou 4 autres mini bus qui suivent !! Avec notre petit scooter, on arrive à se faufiler et on les laisse se débrouiller.

Nous faisons un stop pour manger un Pho, une soupe claire avec du boeuf et des nouilles de riz. Nous n’en avions pas encore mangé car on craignait la coriandre ! Finalement, on apprécie vraiment le repas. Nous arrivons ensuite à la frontière chinoise où trône fièrement un gros drapeau vietnamien en haut d’une tour.

Nous reprenons la route dans le sens inverse, bonne nouvelle tous les mini bus sont sortis d’affaire, la route a même déjà été rebouchée. On est impressionnée par la réactivité sur ce coup là, en France on aurait attendu 3 semaines pour que la route soit réparée. Nous nous arrêtons à un autre endroit de la frontière qui est marqué sur notre carte comme « illegal border ». En fait, à cet endroit là, le grillage est cassé alors on se dit « chouette on va pouvoir poser un pied en Chine » mais c’était sans compter les flics nous attendant de l’autre côté, du coup on n’a pas tenté le coup !!

Ce soir nous dormons à Meo Vac dans de petits bungalows colorés. La route entre Dong Van et Meo Vac est décrite comme la plus belle du trajet, cela tombe bien on la fera 3 fois, nous avons prévu d’aller au marché de Dong Van le lendemain matin. Au premier passage on est déjà conquis : la route est à flan de falaise et la vallée du dessous est magnifique avec sa rivière. Nous ne nous attardons pas et filons à vive allure car il caille sa mère. Le soir nous partageons un repas préparé par l’auberge : du riz (étonnant), du tofu, des nems et de la soupe. Le propriétaire nous allume un petit feu de cheminée car on n’arrive pas à se réchauffer : on passera la soirée en compagnie de hollandais au coin du feu et avec quelques bières.

En allant nous coucher, nous ne sommes pas très en forme, comme une envie de vomir. On se dit que c’est certainement dû à la fumée du feu car ce n’était pas bien aéré. Quelques heures plus tard, c’est le drame, vomi et cie sont de la partie, on vous passe les détails ! Nos deux compagnons de route ne sont pas malades alors qu’ils ont mangé exactement la même chose, on soupçonne la cuillère dénichée au fond de l’établi par notre hôte pour manger notre soupe !

Jour 3 – Meo Vac à Du Gia – Paysages splendides, marché & bide en vrac

Nous nous réveillons après avoir dormi seulement 2 ou 3h et nous ne sommes pas vraiment au top de notre forme. Nous nous faisons quand même violence car c’est dimanche et c’est jour de marché à Dong Van : toutes les ethnies de la montagne descendent pour vendre ou acheter des produits. On arrive au marché et on n’est vraiment pas déçus de s’être levé : les cochons grouignent, les vaches meuglent et les poules caquettent. Les hommes, quant à eux, jouent et boivent de l’alcool de riz. Les femmes ont revêtu leur plus belles tenues colorées. On assiste à un véritable folklore et les touristes se font très rares. On se promène, on s’arrête pendant plusieurs heures à observer ces scènes de vie.

  

On a hésité à s’acheter des tongs Adidas mais on n’était pas sûrs que c’était des authentiques…

On reprend la route direction Du Gia, on espère tenir le choc car nous avons des crampes dans l’estomac et un unique slip de rechange. Gâteaux secs et coca nous feront tenir jusqu’au bout. Nous observons toujours les ethnies travailler dans les rizières. C’est impressionnant comme ils travaillent le moindre morceau de terre, parfois quelques cm² seulement. Nous croiserons la route d’un groupe d’enfants avec qui nous partagerons quelques gâteaux.

 

Jour 4 –  Du Gia – Tam Son – Chaleur & alcool de riz

Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes requinqués et en plus le soleil brille ! Nous avons le temps aujourd’hui car l’étape est courte. On aurait pu faire la boucle en 4 jours finalement mais on profite du paysage et on prend le temps.

Dans l’après-midi, alors que nous cherchons notre auberge, des hommes nous font signe de nous arrêter en nous proposant à boire. On s’arrête et on arrive dans une maison au confort très sommaire où 4 hommes sont attablés sur des minis chaises autour d’une bouteille d’alcool de riz. Bien sûr on ne peut pas y couper, on goûte à 1, 2, … verres de leur alcool : c’est pas terrible, de la gnole de mauvaise qualité. On passera deux heures à essayer de se comprendre. Honnêtement, nous pensons qu’on ne sait pas compris plus de 2 minutes durant les deux heures, la barrière de la langue était très compliquée à gérer. On a quand même beaucoup rigolé avec eux !! Après une dizaine de verres d’alcool pour les garçons, les femmes arrivent et ne semblent pas apprécies notre présence. Nous laisserons donc nos hôtes terminer leur soirée, nous avons de toute façon une auberge à trouver. Nous repartons les bras chargés d’une bouteille de cet alcool qu’ils nous ont gentiment offert.

Impossible de trouver l’auberge dans laquelle nous avons réservé. La nuit tombe, les esprits sont embrumés par l’alcool, on décide de s’arrêter dans un hôtel dans la ville.

Jour 5 – Tam Son à Ha Giang – Pieds à terre & mal aux fesses

Le dernier jour, Marion commence à avoir sérieusement mal au cul. Heureusement l’étape n’est plus très longue. Nous reprenons la même route que le premier jour, sans la pluie cette fois et c’est bien plus agréable ! On observera les fameuses collines de Tam Son qu’on dit en forme de « gougouttes ». Il n’était pas légèrement obsédé celui qui a dit ça ? C’est juste deux collines côté à côte !!

Nous voilà revenus au point de départ. Nous refaisons nos sacs pour reprendre un bus de nuit vers la capitale. Avant ça, on mange un dernier « banh mi » (sandwich) où une petite fille nous tiendra compagnie durant notre repas.

Pour terminer…

Bravo si vous êtes arrivés jusque là ! L’histoire est longue mais ces 5 jours ont été riches.

Cette boucle est magnifique, entre paysages sublimes et rencontres avec les locaux, on en a pris plein les yeux et le cœur. Quand on regarde les photos, on est un peu déçus car elles ne reflètent pas tout ce qu’on a vu : à chaque virage un paysage différent et une vallée qui se découvre. Mais on garde des souvenirs plein la tête et c’est ce qui compte.

Alex a vraiment adoré conduire sur ces routes escarpées, abîmées et on a pensé de nombreuses fois aux copains motards qui auraient adoré et avec qui on aurait partagé cette virée avec grand plaisir. Peut-être une autre fois, qui sait ? En tout cas, c’était chouette de l’avoir partagé avec Marion & Guillaume

On espère que cette boucle ne deviendra pas trop touristique afin que cette montagne continue d’appartenir aux différents peuples qui l’habitent.

 

1 commentaire

  • Quilfen

    Toujours aussi magnifique, j’adore vos tenues de pluie,surtout pour les pieds….. cool d’avoir de vos nouvelles, bises a vous deux et bonne continuation.

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