Batad – 4 jours à flanc de rizières

Après 3h de vol, nous posons les pieds sur le 4e pays de notre petit périple : les Philippines. On change complètement de décor après notre dernier mois au Vietnam. Nous arrivons dans la capitale du pays Manille. Là, nous avons prévu d’y séjourner une nuit. Nous ne ferons pas d’articles sur notre passage dans cette ville car cela ne nous a pas plu du tout. On ne sait pas si c’est parce qu’on avait lu trop d’avis négatifs sur l’endroit ou si c’est la pauvreté, la saleté et le peu de choses à faire qui nous ont gêné. On a passé beaucoup de temps dans un énorme centre commercial dans lequel nous nous sommes perdus de nombreuses fois.

Après ces deux jours, nous prenons un bus de nuit direction Banaue. Première expérience dans les bus philippin : il fait très froid et cela n’est pas très confortable. On arrive vers 6h à Banaue, sans avoir vraiment dormi, sac sur le dos à la recherche d’un moyen pour nous rendre à Batad où nous avons pris une chambre, situé à une dizaine de kilomètres.

Après plusieurs négociations, nous trouvons un van qui nous mène à Batad… ou presque ! La route s’arrête net, au pied de la montagne : il va falloir marcher une 30aine de minutes sur un chemin parsemé d’embûches, sous un soleil de plomb, sac toujours sur le dos !! A ce moment là on se demande si on a fait le bon choix de loger dans ce petit village. Très vite, le doute se dissipe en apercevant les premières rizières : c’est magnifique.

Après une petite sieste, nous prenons conscience que nous allons rester là 4 jours, sans internet… et nous n’avons pas prévenu nos familles ! On part donc en quête de réseau afin d’envoyer un SMS à nos mamans. Il faudra grimper pendant 1h30 pour espérer avoir un peu de signal mais les messages ne passent pas ! On se résigne et on espère ne pas susciter trop d’inquiétude !! On laissera un petit mot à deux personnes pour qu’elles transmettent par mail, on ne sait toujours pas si cela a été fait ! Après toutes ces émotions, on sirotera une petite bière face aux rizières et passerons la soirée en compagnie de nos copains du soir.

 

La vue depuis le bar

Pour les 3 jours suivants, nous avons pris un guide pour explorer les alentours.

Le premier jour, Ryan, le fils de notre hôte nous mène jusqu’à la cascade Tappia. Pour l’atteindre, nous traversons les rizières d’un pas rapide. Ryan n’a que 8-10 ans et il semble très habitué à ce terrain là, on le suit presque au pas de course, nous nous essoufflerons bien plus vite que lui.  Lorsque nous arrivons à la cascade, nous sommes seuls et l’endroit est vraiment très agréable. Nous repartons dans l’autre sens, et faisons un arrêt par le bas du village. La vie suit son cours dans une ambiance bon enfant : les enfants jouent au basket, les hommes font des bras de fer et les femmes discutent. Nous remontons ensuite jusqu’à notre auberge. Comptez plus de 1300 marches irrégulières sur ce chemin (à monter et à descendre donc) : les cuisses et les mollets chauffent sérieusement. Dire que certains gamins font le trajet tous les jours pour aller à l’école en haut du village…

 

Malgré toutes ces marches on repartira se balader dans les rizières l’après-midi. Avec le soleil, tout est encore plus magnifique. On est émerveillés par ces terrasses construites par l’homme il y a plus de 2000 ans.

Le deuxième jour, nous avons prévu d’aller en direction d’un petit village : Cambulo. Cette fois, c’est Amore qui nous guide toute la journée. Vers 9h, le soleil tape déjà très fort, nous partons et traversons une nouvelle fois les terrasses. On s’engouffre ensuite dans la forêt sur un chemin plus boueux. Ca monte, ça descend, ça remonte, ça redescend. A un moment donné la montée devient vraiment difficile, Amore nous dira ensuite que nous sommes montés là uniquement pour le point de vue… On a perdu au moins 2 litres de transpiration pour une jolie vue sur le village. Arrivés à Cambulo, nous trempons nos pieds dans la rivière et observons les enfants jouer. Nous mangeons sur place 2 délicieux currys, et assistons à une attraction rare : ce week-end c’est jour de mariage. Le marié doit faire tuer 10 cochons et un boeuf pour l’occasion. Nous assistons au cortège des cochons vivants, attachés sur un bout de bois, les pattes en l’air (on vous laisse imaginer le son). Le chemin du retour est plus facile. En arrivant au point le plus haut des terrasses, nous faisons une pause dans le bar que nous avons nommé « bar avec la plus belle vue du monde ». Nous rentrons prendre une bonne douche (chaude !) avant de s’endormir au son des coqs.

   

  

Le troisième et dernier jour, c’est Jonathan qui nous accompagne jusqu’au petit village de Bangaan. Il fait vraiment très chaud et une grande partie du chemin est au soleil. Nous discutons avec notre guide qui nous explique qu’il faisait ce chemin toutes les semaines pour aller au lycée (3h de marche en montagne quand même). Il nous explique aussi que certains gamins en font une grande partie tous les jours pour aller à l’école : nous sommes épatés. On en apprend un peu plus sur la vie ici. Les habitants de Batad respectent énormément leur région et font tout pour la préserver, tout est d’ailleurs assez propre. Le chemin est sympa mais après deux jours au milieu des terrasses, on est moins émerveillés. Pour le retour, nous prenons un tricycle, une moto avec une sorte de side-car, un moyen de locomotion très répandu aux Philippines. Nous espérons secrètement avoir le temps de repartir à Cambulo pour assister au mariage mais ce sera finalement trop tard car nous avons attendu très longtemps pour trouver un tricycle.

  

Nous passons nos derniers moments à l’auberge. Nous nous sommes vraiment sentis bien dans cet endroit. La petite fille, Djana, nous a d’ailleurs adopté, ou peut-être nos téléphones portables !! Elle venait s’installer su nos genoux pour jouer ou regarder nos photos. Nous croyons d’ailleurs qu’elle est tombée amoureuse du neveu de Marion, elle a dû visionné une 20aine de fois ses premiers pas ! Merci à Lhorens (de l’auberge Lhorens Inn à Batad) pour cet accueil, on s’est presque sentis à la maison.

Nous repartons avec un petit pincement au coeur, sac toujours sur le dos. Il nous faut gravir encore quelques marches avec la chaleur pour rejoindre la fameuse route. On prend de la marge et on se dit qu’on va essayer de faire beaucoup de pause pour transpirer au minimum (on enchaîne sur un bus de nuit puis un avion). Au bout de 15min, on a déjà fait 5 pauses et on est trempés de sueur !! Le soleil tape vraiment fort et la pente est rude. On arrrive au point de rendez vous de notre jeepney, une vieille jeep avec des bancs à l’arrière, un autre moyen de locomotion très répandu. On s’installe sur le toit pour apprécier une dernière fois ces paysages ! On est comme des gamins pendant les 15 km qui nous mène à Banaue ! Arrivés , là bas, on trouve très rapidement du wifi pour rassurer tout le monde : nous sommes vivants, en bonne santé et super contents de nos 4 jours (encore désolés pour l’inquiétude) !!

 

On reprend ensuite le bus de nuit vers la capitale où nous attend un avion en partance vers le sud.

4 commentaires

  • Marie-Laure E

    Coucou ! C’est trop beau…bon il faut que j’ajoute 2 pays dans ma liste des prochains voyages : Cambodge et Philippines. Mais j’attends que vous ayez fini pour me décider 🙂 . Hâte de lire la suite. Bises

    • Du temps pour vivre

      Ahah contente que cela te donne envie de découvrir de nouveaux pays ! N’en parle pas au boulot, je ne voudrais pas qu’on m’accuse de donner trop envie de partir en vacances 🙂

  • Céline Cormier

    Comme tjrs un beau récit qui fait passer vos émotions… bonne continuation à vs 2. Bisous

  • Maman et papa

    C’est vrai quels beau paysages ses montagnes et rizières, Et quels souvenirs pour vous. Merci de nous le faire partager, à part le
    gros coup de stress pour nous sans nouvelles depuis 5 jours. Mais bon cela est autre chose !!!!! Bisous tous les deux.
    Mounette et papa

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